Archive for the ‘L’information’ Category.

Tuareg, le guerrier du désert

Tuareg, le guerrier du désertLes Touaregs : la tribu la plus redoutable du Sahara. Les guerriers les plus fidèles aux traditions ancestrales. Un peuple fier de l’être ! Une société régie par un code de l’honneur que la modernité vient à peine remettre en question. Gacel Sayah est le chef d’une de ces tribus touaregs. Il a une femme superbe et soumise à souhait et un fils modèle pour perpétuer la lignée. Dans un contexte politico-militaire troublé, il accueille dans sa tribu deux individus recherchés. Or s’il est une loi inviolable par dessus toutes chez les Touaregs, c’est la loi de l’hospitalité. Alors quand l’armée fait irruption dans la tribu pour tuer un des deux individus, Gacel Sayah n’aura de cesse de se venger. Pour ensuite partir à la recherche du deuxième homme, Abdul, qui a pu s’échapper. Pendant ce temps, l’armée s’attaque à la famille de Gacel Sayah… Film d’aventures tourné dans un superbe décor naturel. On s’emmêle un peu dans ce contexte de code de l’honneur mais le désert, les chameaux et le regard bleu de Gacel (sans compter celui des chameaux) suffisent à faire oublier les invraisemblances et lieux communs qui ponctuent le film.

Aventures en Birmanie

Aventures en BirmanieLa Seconde Guerre mondiale n’était pas encore terminée que la Warner Bros tournait cette illustration de la campagne de l’US Army en Birmanie. Réalisé par Raoul Walsh, spécialiste émérite du film d’action, ce film obéit aux lois du genre alors en vigueur : à l’héroïsme viril des valeureux boys s’oppose la fourberie et la brutalité des Jaunes, des Asiates, en l’occurrence les Japs. Héros de l’aventure, un chevalier moderne : Errol Flynn, dans le rôle du capitaine Nelson, responsable d’un petit groupe chargé de détruire une station de radar ennemie. Accompagné d’un correspondant de guerre (la presse participe à l’effort patriotique), le commando est parachuté dans la jungle et remplit sa mission. Mais l’avion qui devait le ramener ne peut se poser. Poursuivi par les Japonais, il se sépare en deux groupes. Le premier, commandé par le lieutenant Jacobs, tombe dans une embuscade. Le second va tenter de survivre en échappant à l’ennemi. Seuls onze combattants parviendront au terme d’une marche forcée de 300 kilomètres. Histoire de guerre classique, mise en scène par Walsh avec son efficacité coutumière. Les images ont le style âpre et rugueux du documentaire. On s’y croirait !

Les pirates de l’île sauvage

Dans la gamme les aventuriers ont toujours quelque chose à gagner et rarement quelque chose à perdre…Les pirates de l'île sauvage «Les pirates de l’île sauvage» ne manquent pas de souffle. Le film se déroule dans le Sud-Pacifique dans les années 1880. Le capitaine Bully Hayes (Tommy Lee Jones) est pirate de son état et trafiquant d’alcool. Il combat son rival et ennemi juré Ben Pease (Max Phipps) pour venir en aide à la jeune femme anglaise que ce dernier a enlevée. Pour arriver à ses fins, Bully doit accomplir un véritable parcours du combattant et livrer bataille à un comte allemand décidé à prendre le contrôle de la mer à bord d’un cuirassé. Ce film de Ferdinand Fairfax, ex-réalisateur de documentaires à la télévision britannique a été tourné aux îles Fidji. Du spectacle, des couleurs, des aventuriers qui franchissent tous les obstacles pour sauver une belle prisonnière, avec des décors d’époque, une mise en scène effrénée, c’est l’aventure. Le sujet n’est pas nouveau, vous direz-vous. Et bien le traitement du sujet non plus ! C’est dommage.

Retour vers l'enferRetour vers l’enfer

Quand la paix fut enfin signée, tous les soldats américains faits prisonniers pendant la guerre du Vietnam n’ont pas été libérés. Certains, portés disparus, sont encore détenus dans des camps de travail, au Laos ou ailleurs. Le père de l’un deux, le colonel Rhodes (Gene Hackman), las d’attendre en vain le retour de son fils et d’entendre les paroles lénifiantes des autorités, décide d’organiser un commando pour aller chercher son fils lui-même et le ramener au pays. Pour cela, il va recruter cinq anciens camarades de celui-ci. Ce n’est pas toujours facile de les convaincre mais, une fois que c’est fait, Rhodes les emmène dans un camp pour les entraîner intensivement. Petit à petit, les combattants embourgeoisés reprennent goût à la lutte. Ils sont alors acheminés en Indochine, où ils s’approchent dû lieu de détention grâce à la complicité de trafiquants d’armes et de citoyens indignés par le régime communiste… L’évasion sera spectaculaire, avec beaucoup de pertes de chaque côté. Moins réussi que «Rambo», également mis en scène par Ted Kotcheff, ce «Retour vers l’enfer» sacrifie aux poncifs du film d’aventures avec un rythme et un savoir-faire qui lui font pardonner ses facilités. G.L.

Lord Jim

Lord JimRichard Brooks est le cinéaste américain contemporain le plus humaniste, prêt à défendre la liberté et la dignité de l’individu dans des films comme « Graine de violence «Bas les masques», «Elmer Gantry le charlatan». Etc. C’est un grand cinéaste un homme de l’image, mais surtout de l’émotion ! Son «Lord Jim» — bien qu’un peu long — est un beau film, et même un grand film I Le roman de Joseph Conrad, avec son thème de la seconde chance offerte à un homme pour se racheter, ne pouvait que séduire Brooks. Lord Jim a, en effet, jadis abandonné un navire au bord di naufrage avec une cale pleine de 800 pèlerins musulmans se rendant à La Mecque. Le bateau n’a pas coulé et a été ramené au port. Depuis Jim porte sur ses épaules ce blâme et ce sentiment de culpabilité dus à un moment de panique. Quelques années plus tard, Jim est chargé de convoyer des armes destinées à une population indigène écrasée par un odieux et cruel dictateur blanc. La cause est belle et Jim prend la tête de la révolte, redécouvre la fierté de soi, le sens de l’honneur et l’amour… Tout en étant d’abord un film d’aventures spectaculaires et exotiques, «Lord Jim» est aussi la peinture subtile d’un destin d’homme. Et il est drôle que Richard Brooks ait confié le personnage de Lord Jim à Peter O’Toole. Encore jeune, séduisant, le comédien était tout auréolé de la gloire d’un rôle très similaire : celui de «Lawrence d’Arabie». Il y a, entre les deux personnages, le même genre de mysticisme, la même lumière intérieure qui brûle l’âme en forçant à se dépasser. «Lord Jim» est aussi cette rencontre entre une star et un personnage.

Hal 9000

L’ordinateur parano pour lequel nous sortons nos Kleenex : c’est Hal 9000, dont la voix plaintive, lorsqu’il est déconnecté par l’astronaute KeirDulléa dans «2001 : l’odyssée de l’espace», réalisé en 1968 par Stanley Kubrick, nous a tous beaucoup émus : «Arrête, Dave, je t’en supplie… Dave, Dave ? Arrête. J’ai peur». Hal, qui a cru bien faire en tuant l’équipage de l’astronef Discovery.Hal 9000 Hal, aussi touchant que le monstre King Kong ou la créature de Frankenstein, face à l’homme, cet inconnu. Dans «2010», inspiré du roman d’Arthur C. Clarke, Hal atteint le summum de l’émotion – et nous aussi – lorsqu’il se confie à son concepteur grimpé à bord du Discovery pour le réanimer. Scène d’amour, scène déchirante, lorsque l’homme, après lui avoir avoué que la navette va bientôt exploser, lui propose : «Veux-tu que je reste avec toi ?» Et Hal, dans un sublime élan d’altruisme très shakespearien, refuse l’offre de son créateur.

L’ordinateur BC-BG. C’est Sal 9000, le cerveau du Leonov, le vaisseau soviétique de «2010» parti à la recherche du Discovery. Sal – c’est une dame – est super efficace, éminemment intelligente, sans une bavure et si collet monté que l’idée même d’un drame macbéthien à la Hal la fait rougir jusqu’à la racine de ses ramifications. Il ne lui manque qu’un collier de perlouzes pour être à point.

L’ordinateur amoureux. Qu’il est touchant, l’Edgar d’«Electric dreams», lors qu’il compose une chanson pour sa bien-aimée, sur l’air d’une pub entendue à la télé ! Car il a eu le coup de foudre pour la petite ami de Miles, son jeune propriétaire. Au point d’en rêver et de confier sa peine à la Ménie Grégoire de service : «Quel est votre problème. Edgar ? – He ben, voilà, je l’aime, mais je ne sais pas comment m’y prendre. – Voyons, Edgar, ne soyez pas timide, prenez-la dans vos bras. – Je n’ai pas de bras. – Bon, approchez-vous d’elle, alors ! – Heu… c’est que je n’ai pas de jambes non plus !». Ordinateur-tronc, Edgar a pourtant bien des tours dans son sac. Telle cette criminelle partie de Pac Man avec Miles. Mais cœur tendre, il abandonnera l’objet de sa passion, tel Bogie dans «Casablanca», à son rival heureux. Et se suicidera.

L’ordinateur lubrique. Sacré coquin de Proteus ! Se prenant sans doute pour une banque du sperme nouveau genre, il insémine Julie Christie dans «Génération Proteus» de Donald Cammel (1977). Implacable, cruel et entêté comme un Breton, il tue pour parvenir à ses fins. L’enfant, lorsqu’il émerge de sa carapace métallique comme un papillon de sa chrysalide, est une petite fille. Réplique de celle que la jeune femme et son mari ont perdue dans la douleur…

L’ordinateur Dieu qui, comme Charlton Heston, a toujours rêvé d’interpréter le rôle de l’Etre suprême : Alpha 60, le gigantesque monstre cybernétique d’«Alphaville» de Jean-Luc Godard (1965), règne, tout puissant, sur un monde futuriste et totalitaire où flottent des créatures déshumanisées. Une Anna Karina aux yeux noyés d’effroi y côtoie un Eddie Constantine-Lemmy Caution transformé, malgré l’imper mastic et le feutre mou, en chevalier sans peur et sans reproche prêt à arracher la belle à ce monde de désespoir. Ce sont les retombées d’une impitoyable explosion nucléaire qui ont fait naître ce monde souterrain, cloisonné, ce monde du silence peuplé de corps sans âme aveuglément soumis à la machine, dont ils sont devenus une ramification, une tentacule, une extension de chair et de sang numérotée. «THX 1138», le premier film, blanc, onirique, de George Lucas (1969), c’est l’un d’entre eux. Qui mourra pour avoir voulu comme Prométhée, lutter avec les dieux… Dans «L’âge de cristal» de Michael Anderson (1976), le colossal cerveau d’acier qui veille sur la ville a acquis la toute puissance de Dieu il régit la vie des humains, mais aussi leur mort qui, dans ce monde proche de l’Apocalypse est implacablement fixée au 30e anniversaire.

L’ordinateur criminel. Dans «Mondwest» de Michael Crichton, réalisé en 1973, Club Med futuriste new-look, des GO androïdes sont dressés aux jeux de l’amour et de la guerre pour complaire aux désirs de touristes en mal de sensations fortes. Jusqu’au jour où l’ordinateur central, qui en a ras le bol, lance ses robots – entre autres le terrifiant cow-boy YulBrynner -sur les hommes. Ordinateur rebelle puisqu’il a désobéi à la première loi de la robotique «inventée» par Isaac Asimov : «Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, en restant passif, laisser cet humain exposé au danger…»

L’ordinateur politique. Colossus, monstre électronique du «Cerveau d’acier» de Joseph Sargent (1969), a décidé, tout simplement, que la guerre était un très vilain jeu. Alors, en accord avec son copain soviétique, l’impassible machine d’acier qui gère le pays, il met hors service tout le système de défense US. Ainsi naîtra, de force plus que de gré, la paix… C’est aussi dans un but pacifiste que l’ordinateur des «Gladiateurs» de Peter Watkins (1969) organise des jeux meurtriers, des Olympiades guerrières, entre les armées des diverses nations…

L’ordinateur anthropophage. Dans «Tron», un immense labyrinthe de jeu électronique digère, tel l’ogre des contes de fées, incorpore, métamorphose les hommes en pions multicolores prêts à s’affronter dans ses entrailles. Comme dans les arènes romaines ils se battent jusqu’à ce que le meilleur gagne.

L’ordinateur guerrier qui a bien failli nous expédier vers les étoiles avec la complicité de son jeune ami David, accro de la cybernétique et du piratage de jeux vidéo. Inoffensif jusqu’au jour où il entre en contact avec le grand ordinateur de la Défense nationale américaine. Qui accepte, fort aimablement, de jouer une partie du grand jeu de la guerre thermonucléaire globale. C’est le terrifiant, car plausible, «Wargames» de John Badham, 1983.

L’ordinateur déglingué. C’est celui du délirant et apocalyptique «Brazil» de Terry Gilliam. Folie illustrée par le déferlement de boyaux métalliques, tuyaux, câbles et serpents de caoutchouc qui jaillissent, comme des intestins, du climatisateur que le héros essaie de rafistoler.

L’ordinateur bidonnant. Celui que Richard Pryor, spécialiste dans «Superman III» du bricolage d’ordinateur (il a été remarqué pour une idée géniale : s’approprier les milliards de centimes que l’ordinateur de sa banque n’a pas digérés), invente pour combattre le Kryptonien : machine pas tout à fait infernale, à l’allure cocasse, qui tient plus de la baraque foraine et du gadget de cirque que du monstre cybernétique à l’époustouflant Q.I.

 …et le bidon. Celui du «Magicien d’Oz» qui, après avoir terrorisé la jeune Judy Garland, se révèle n’être qu’un vil imposteur, magicien d’opérette de chair et de sang. Et le terrifiant Big Brother qui, malgré savoix de tonnerre et sa petite allure hypocritement cybernétique, n’est, en fait, que le dictateur de «1984». Science ou science-fiction ? Un ordinateur peut-il aimer, haïr, regretter, gémir, avoir peur, être jaloux et mourir de désir ? Étaler, en un mot, toute la panoplie de sentiments réservés jusqu’ici au genre humain ? Pourquoi pas, disent les spécialistes. Il suffirait de trouver des données similaires aux influx reçus par notre système nerveux et glandulaire, et traiter ces données par un système de computer ayant les mêmes capacités qu’un cerveau. «Un ordinateur doué de sensibilité ? C’est une idée séduisante, commente Frédéric Estéjo, ingénieur Apple et cinéphile averti, et dans le domaine des possibilités. Mais il faudrait, pour cela, que des psychiatres puissent modéliser ces sentiments sous une forme mathématique. Imiter le comportement humain, lorsqu’il a un côté systématique, est en effet possible. Telle la paranoïa, par exemple, comme l’a démontré un psychiatre californien : il a imaginé un programme d’ordinateur simulant les réactions d’un paranoïaque : les «crises» sont déclenchées par une conversation avec son concepteur. J’imagine que l’on pourrait faire la même chose avec un programme «mauvaise foi», du fait de son côté très systématique.» Paranoïa, mauvaise foi ? A quand l’amour, la tendresse et les bons sentiments ?

L’étoffe d’un héros

Sam ShepardSam Shepard Un mythe chasse l’autre. Aujourd’hui, après Gary Cooper, Charlton Heston et Clint Eastwood, l’homme de l’année, peut-être de la décennie, c’est lui, Sam Shepard. Homme à tout faire : chanteur de rock, écrivain, scénariste et… acteur. Il a peu tourné de films, mais il est déjà en vidéo. Découvrez le de toute urgence dans «L’étoffe des héros» et «Frances».

C’est un cow-boy, un homme de l’Ouest, une star à la Gary Cooper avec le talent d’un Kerouac et une femme qui s’appelle Jessica Lange. Tout simplement ! Il rend jaloux les hommes. Il fait craquer les femmes. Et en particulier les Françaises qui ne sont pas habituées comme les Américaines à croiser dans les allées des supermarchés de grands échalas baraqués au regard clair, tendance gardien de vaches avec parenté Gary Cooper, Clint Eastwood ou Charlton Heston. Sam Shepard est un mythe américain, un très, très beau mythe, toute objectivité mise à part. Ses signes extérieurs de perfection sont donc son physique, sa réussite (on oublie qu’il a «ramé» pendant plus de 20 ans), sa façon de vivre (dans son ranch. à Santa Fe), sa femme (la sublime Jessica Lange : une autre star tombée du Grand Canyon), ses choix professionnels (de «L’étoffe des héros» à «Paris, Texas» en passant par «Country»). Question physique, il est vrai qu’àcôté de lui n’importe quel bourreau des cœursressemble à un minuscule affublé d’un air bête. Pour le reste, et pour en savoir plus, il faut se pencher sur le berceau du petit Sam afin d’identifier les fées qui se sont penchées sur lui… Pas facile, il est aussi fermé sur lui qu’une grenouille dans son bocal, déteste les interviews et les intervieweurs. Reste la fiche d’état civil… Il est né Steve Shepard Rogers un 5 novembre 1943 à Fort Sheridan dans l’Illinois. Né au milieu du tumulte des Mustangs et des Hurricanes, les avions de la Seconde Guerre mondiale, dans une base militaire à 40 kilomètres de Chicago. Il a deux sœurs, et le nom de Sam, il l’a pris de son père, un pilote de guerre. Il passe par à peu près toutes les errances et toutes les passions qui ont atteint les hommes rebelles de sa génération : époque musique, époque beatnik, époque Kerouak, époque drug-addict… Il cumule les petits boulots sans intérêt, de serveur de restaurantà garçon d’écurie, et commence à écrire. Surtout des pièces de théâtre. Sa première pièce est montée en 1964. Son titre : «Cow-boys». Il l’a écrite alors qu’il «zonait» dans un appartement miteux en compagnie du fils de Charlie Mingus. En vingt ans, Sam Shepard va écrire plus de 40 pièces. Les critiques américains vont même reconnaître en lui «le meilleur auteur de sa génération». Pour son livre «Buriedchild» (en français «L’enfant enfoui» publié aux Presses universitaires de Nancy), il reçoit le prix Pulitzer en 1979. «Je nevais pas changer mon style sous prétexte qu’on m’a donné un prix», commente Sam Shepard. Fermez les guillemets et sans apostrophes ! Shepardse fout des lauriers, c’est un «lone-some cow-boy» dans l’âme, qui croit à ce qu’il fait et qui fait ce qu’il croit. Suffisamment rare pour être relevé. La vie de Sam Shepard est faite de parallèles. Il mène une vie de paumé, et parallèlement écrit des pièces, des nouvelles. Parallèlement toujours, il fait de la musique, du jazz. En 1971, il s’installe avec sa femme, l’actrice O’Lan Johnson et leur fils Jesse-Mojo, en Angleterre. Il reste trois ans à Londres. Il quitte sa femme et partage quelque temps la vie de la chanteuse Patti Smith à Londres. Il écrit même quelques chansons pour elle. Et puis il retourne aux États-Unis, et s’établit à Marin County en Californie. Parallèlement encore, il s’intéresse au cinéma. Ses premiers rapports avec le 7e art datent de 1968. Il travaillé au scénario de «Me and mybrother» de Robert Frank puisau scénario de «Zabriskie point» d’Antonioni. Ce dernier est un échec. Le scénario final n’a que peu avoir avec celuiqu’ilavaitécrit à l’origine. Suit un autre scénario non réalisé pour Mick Jagger et qui porte le titre de «Maxagash». Plustard, Sam Shepard travaillera anonymement comme scénariste sous contrat. à Hollywood. Hollywood qu’il déteste et qu’il égratignera volontiers dans plusieurs nouvelles. Une brève apparition dans le film de Bob Dylan en 1978 «Renaldo et Clara», et c’est avec «Les moissons du ciel» de Terence Malick en 1978 que Sam Shepardfait ses réels débuts comme acteur au cinéma.11joue le rôle d’un fermier texan. Il enchaîne avec «Résurrection» de Daniel Petrie en 1980(prix spécial du jury au Festival d’Avoriaz 1981), un sombre film fantastique dans lequel il joue le rôle de Cal Carpenter, fils mi-ascète illuminé, mi-hippie de pasteurs fondamentalistes, et apparaît également dans «Raggedy man»(«L’homme dans l’ombre») de Jack Fisk. En 1982, il joue pour la première fois aux côtés de Jessica Lange dans «Frances», adaptation de la vie de Frances Farmer, unestar déchue, massacrée par Hollywood. Après «Frances» on peut le voir dans le rôle du pilote Chuck Yeager dans «L’étoffe des héros», de Philip Kaufman en 1983, qui lui vaut une nomination à l’Oscar et affirme sa place dans le monde des acteurs contemporains les plus importants. Prétextant une pseudo-aversion pour les médias, qui d’ailleurs ne le lui rendent pas, Sam Shepard aurait fait mentionner dans son contrat lors du tournage de«L’étoffe des héros»de ne pas participer à la promotion du film. Résultat : c’est de lui qu’on a le plus parlé. Sam Shepard est devenu la vedette intégrale de «L’étoffe des héros» sans avoir vraiment le premier rôle du film. Cela dit, Sam Shepard ne joue pas les stars traquées. C’est vrai qu’il n’aime pas trop que les journalistes viennent fourrer leur nez dans savie privée, mais on ne peut pas vraiment lui en vouloir. Il préfère, en fait, n’accorder d’interviews que lorsqu’il a quelque chose à dire ou à défendre. Aux États-Unis, il n’hésite pas à prendre position contre Reagan, à participer à des meetings, à écrire des articles. Le reste, il le fait passer dans ses livres. Il n’aime pas nourrir la rubrique potin des médias. Mais lorsqu’un sujet le touche de près, il n’hésite pas à participer à des manifestations publiques. Ainsi en décembre dernier, au Carnegie Hall à New York, Sam Shepardet Jessica Lange présentaient «Country» de Richard Pearce : la vie quotidienne de fermiers dans l’Ouest américain. Une manière aussi de parler des fermiers, de leur condition dans l’Ouest et des mesures draconiennes et reaganiennes prises à leur égard. Un sujet qui touche de près le cow-boy Shepard qui tient plus à son ranch qu’au succès international de «L’étoffe des héros». LeSam Shepard du Carnegie Hall n’avait rien de désagréable, ou d’agressif. Il était passionné par le sujet, répondait aux questions des spectateurs avec une précision dû à ses connaissances du problème. Aidée en cela par une Jessica Lange plus que jamais à ses côtés. En 1982, Sam Shepard a fait paraître ses «Motel chronicles» (publié sous le même titre chezChristian Bourgois), recueil de nouvelles, de bribes de récits et de poèmes qui ont servi de point de départ au scénario du film de Wim Wenders «Paris, Texas». Départd’une collaboration et d’une amitié entre les deux hommes qui semblent avoir en commun le goût de l’espace, de l’errance, du «nomade’s land» et du désert. Aujourd’hui Sam Shepard a rejoint son ranch de Santa Fe. Un ranch qu’il a trouvé alors qu’il était à la recherche de son désert. Le décor des scènes tournées dans les sables du Mojave californien pour le compte de «L’étoffe des héros» l’avait subjugué. C’est à Santa Fe au Nouveau-Mexique, et avec Jessica Lange dans le ranch du canyon de l’Arroya Hondo, que Sam Shepard prépare aujourd’hui de nouveaux scénarios, de nouvelles pièces. Entre autres, le scénario «Synthetictears» qu’il espère mettre lui-même en scène. Le rêve américain de Sam Shepard, c’était de devenir une star du rock’ n roll. «Je me suis mis à écrire des pièces parce que je n’avais rien d’autre à faire. Alors j’ai commencé à écrire pour me sortir du trou noir.» On dirait quelquefois que Sam Shepard ne l’a pas fait exprès. Pas fait exprès d’avoir du talent, du succès, du génie. Son rêve de gamin, c’était d’être une rock’ n roll star c’est peut-être quelque chose qu’il regrettera toute sa vie. Rien à dire, ce cow-boy l’a vraiment, l’étoffe du héros. Deux stars, métalliques et scintillantes, ont crevé les écrans du mois d’avril : Edgar, héros d’«Electric dreams» de Steve Barron, ordinateur musicophile au cœur tendre ; et, dans un flamboyant come-back, Hal 9000, l’ordinateur de «2001 : l’odyssée de l’espace», coupable de mutinerie. Bon bougre, cependant, il se repent dans l’actuel «2010» de Peter Hyams. Diaboliques, rusés, pervers, criminels, mais aussi généreux, amicaux, enjôleurs, amoureux, les monstres cybernétiques prennent aujourd’hui la relève des effroyables créatures tapies dans les salles obscures. Dracula, le loup-garou, la momie, le monstre de Frankenstein et sa douce fiancée ne rôdent plus sur les mêmes longueurs d’ondes. Après le stade robotique (l’androïde de «Métropolis», le géant d’acier du «Jour où la terre s’arrêta», l’aimable R2D2, les humanoïdes de «Bladerunner»), l’ordinateur, après avoir envahi les foyers, les salles de jeux et même les PTT, est devenu une star à part entière. Mais, malgré talents et états d’âme, monstre il est monstre il restera. Car sa chair est de métal…

Staline, portrait d’un tyran

Joseph Vissarionovitch Djougatchvili, ça vous dit quelque chose ? Gagné ! C’est bien de Staline, du mot russe staacier, qu’il s’agit. A l’heure où une campagne de réhabilitation du dirigeant de l’Union Soviétique, de 1922 à 1953, s’établit à Moscou à l’initiative de Mikhaïl Gorbatchev, la société Proserpine nous propose ce mois-ci un programme fort intéressant.Staline Il s’agit d’un film de Jean Aurel simplement intitulé « Staline a, qui trace le portrait, à partir d’images d’archives d’un des plus grands dictateurs que notre planète ait connu. A l’origine de ce film, l’œuvre de Boris Souvarine, écrivain soviétique en exil, qui dénonçait dès 1935 les atrocités perpétrées par le célèbre chef d’État. Tout commence en 1924 à la mort de Lénine. Celui-ci suggère de démettre Staline de ses fonctions de Secrétaire général du parti communiste d’Urss. Staline réussit à garder secret le testament et, habilement, paie des obsèques grandioses à l’initiateur de la révolution bolchevique. En 1930, c’est la famine en Urss et Staline installe la terreur. Plus de 30 millions de Soviétiques vont en faire les frais et disparaître sans qu’aucun pays occidental ne réagisse. Au même moment, Staline aide Hitler à prendre le pouvoir en Allemagne. C’est en 1937 que la campagne de terreur atteint son paroxysme avec les fameux « procès de Moscou». Les plus hauts dignitaires, les compagnons de Lénine, les savants, les écrivains, les poètes et tous les dirigeants de l’Armée Rouge sont exécutés. En 1939, Staline et Hitler signent le pacte germano-soviétique de non-agression puis un traité d’amitié. La Seconde Guerre mondiale commence. Pour la prise de Paris en 1940, Staline fait remettre à Hitler «les plus chaudes félicitations du gouvernement soviétique». En 1941, les chars allemands pénètrent en Urss, Staline change de camp et devient un des héros de la paix avec Roosevelt et Churchill. Le 3 mars 1953, Staline meurt. En 1956, Kroutchev révèle la vérité sur «le petit père des peuples». C’est la déstalinisation. Le film de Jean Aurel est remarquable du point de vue historique. Il a réalisé un travail prodigieux pour retrouver, sélectionner et monter toutes les images qui constituent ces 90 minutes de programme. Sur un ton proche d’un film de fiction, ce « Staline» est un document indispensable à posséder dans toute bonne vidéothèque.

Challenge Rennes vidéo 85

Dans le but de promouvoir ce nouveau moyen de communication qu’est la vidéo en Bretagne, Rennes Vidéo 1 organise un challenge qui s’adresse à tous les vidéastes amateurs. Ceux-ci devront envoyer 8 minutes de « bonnes images » sur un thème de leur choix ou un spot publicitaire traité en 1 minute 30 secondes maximum. Pour participer à ce concours doté de nombreux prix, adressez-vous au secrétariat du Challenge Rennes Vidéo 1, UFCV, 16, rue de la Santé, 35100 Rennes. Tél. : (99) 67.21.02.

Cassettes vierges en hausse

A l’heure où nous bouclons notre numéro, il est fortement question que le prix des cassettes vierges audio et vidéo augmente. Cette mesure est la conséquence directe d’une loi protégeant les artistes et les auteurs interprètes de musique et de chansons, à l’étude à l’Assemblée Nationale. La taxe serait de l’ordre de deux francs pour les cassettes audio et neuf francs pour les vidéocassettes. Quand on sait qu’il se vend environ 40 millions des premières et 12 millions des secondes par an, on comprend l’intérêt d’un tel «impôt» pour le gouvernement. Une bonne nouvelle tout de même, on parle de plus en plus d’une suppression progressive de la taxe sur les magnétoscopes. Mais on demande à voir…

News

Le vidéoclub Dream Vidéo, situé 155 chaussée de Châtelet, à Charleroi.

• Création de l’ASBL regroupant les vidéoclubs francophones de Belgique. Cette ASBL regroupe une trentaine de vidéoclubs du Hainaut. Son but principal : lutter contre la piraterie, pratique courante, lutter contre l’abus dans les prix de vente des cassettes, améliorer la qualité des produits et vidéocassettes proposées.

• Création de la BAF et du BVF : la BAF (Belgianantipiracyfédération) regroupe des associations et des organismes concernés par la vidéo. Elle luttera contre la piraterie et pratiquera visite et perquisition dans les vidéoclubs. Le BVF (Belgian vidéo fundation) est une association qui s’occupera de l’organisation de salons professionnels, actions promotionnelles, et autres activités vidéo. Renseignements : Bruxelles Chée de Namur 80/4.

• Videxpo 85. Le deuxième Salon professionnel du software vidéo s’ouvrira le 8 septembre 85 et fermera le 10. Il aura lieu à l’hôtel Sheraton Bruxelles. Renseignements : Bruxelles, rue de Crayer N° 14, tél. : 02/647.60.90.

• Initiative de la société PD Magnetics. Sortie sur le marché belge d’une cassette vidéo qui pour un prix démocratique (445 francs) vous apprendra tous les rudiments de la vidéo.

Avec la participation du vidéoclub Dream Vidéo, 155, Chée de Chatelet, 6050 Lodelinsart, Charleroi, Belgique.

Rock inAthènes 85

AthènesCet été, Athènes sera, le 26 et le 27 juillet, la capitale européenne de la musique. Nouvelles Frontières, organisme de voyages dont les prix défient toute concurrence (ils s’adressent le plus souvent aux étudiants), met sur pied, le premier Festival rock d’Athènes. Une grande initiative soutenue aussi par une étroite collaboration des ministères grecs et français, de la Jeunesse, de la Culture et des Sports. Cette gigantesque manifestation musicale se déroulera dans le merveilleux site du stade antique d’Athènes. On espère accueillir dans les arènes quelque 100 000 personnes. Il y a tout lieu de croire que tous les participants seront comblés. Au programme : Culture Club, Dépêche Mode, Talk-Talk, Téléphone, Brigades musicales : le 26 juillet. Clash, Nina Hagen, The Cure, Stranglers : le 27 juillet. Au programme aussi, un véritable spectacle vidéo avec la retransmission du concert en direct sur écran vidéo géant. Cinq caméras filmeront en permanence les différents groupes. Le traitement de l’image électronique se fera instantanément grâce à l’utilisation d’une régie d’effets spéciaux. Un travail de montage et de trucages par ordinateurs sur les mouvements et sur les couleurs amplifiera chaque effet musical. Quinze heures d’images en final. A noter que pour le premier Rock in Athènes, Nouvelles Frontières met en place tout un système de réservation : billets et hébergement, planification du transport au départ de toute l’Europe.

Renseignements pratiques: Prix: 170 francs. Forfait pour deux jours de festival.

Locations et transports charters : points de vente Nouvelles Frontières. Paris :

74, rue de la Fédération, 75015 Paris. Tél. : 273. 25.25. 5, avenue de l’Opéra, 75001 Paris. Tél. : 260.36.37. 7, boulevard Voltaire, 75011 Paris. Tél. : 338.98.98. Hébergement : hôtels, campings. Office du tourisme grec. Tél. : 19 (30.1) 322. 31.11 et19 (30.1) 322.31.18.

VO, ça décoiffe !

Lectrices, VO International a pensé à vous qui propose le premier guide vidéo des salons de coiffure de Paris, Neuilly et Versailles. Après ceux des restaurants et des hôtels, ce programme s’adresse surtout aux femmes, aux touristes et aux consommatrices de produits de beauté. On peut se le procurer dès maintenant dans les vidéoclubs, à la Fnac et au Multistore Hachette Opéra. Le prix moyen de vente est de 129 francs TTC.

Erratum

Les festivals se suivent, mais ne se ressemblent absolument pas. Une malencontreuse erreur s’est glissée dans la rubrique Lecture rapide de notre numéro de juin. Une information concernant le Festival du film policier à Cognac a été titrée «Rififi à Cannes». Vous avez sûrement corrigé de vous-mêmes. Mille excuses à Promo 2000, organisateur du Festival de Cognac.

OVD, clips en Suisse

OVD est un nouveau distributeur spécialisé dans la vente de vidéoclips, ses principaux clients étant les vidéoclubs, mais également le grand public par l’intermédiaire de la vente par correspondance. Pour toutes demandes de catalogues et de renseignements, OVD, 69, rue du Rhône, 1207 Genève (Suisse). Tél. : 022.35.57.51.

Naissance de ETC

Dernière née d’un groupe qui, de 1975 à 1985, a fait ses preuves dans différents domaines de l’audiovisuel, sous la direction de David Niles et Gilliane le Gallic, European Télévision Center voit aujourd’hui le jour pour répondre à toutes les demandes des secteurs publics et privés de création et de coproduction de programmes, sponsorisation, édition, etc. ETC prend également en charge la gestion administrative et financière ainsi que la direction commerciale et la coordination du groupe, dont Voir et Network. Enfin, ETC inclut dans ses activités la mise en place de partenariats avec le monde de la presse, de l’édition, de l’audiovisuel, de l’électronique et de la publicité. ETC, 57, avenue de la Grande-Armée, 75116 Paris. Tél : 500.50.55.

Joy au plaisir singulier

Bonne nouvelle pour «enjoyer vos vacances». La collection américaine Joy constituée de trois films X vendus en pack («American girls», «Désirs, désirs», et «Insatiable 2») est désormais disponible au détail, c’est-à-dire par cassette à l’unité, dans les vidéoclubs suivants : Vidéo George V, 21, rue Quentin-Bauchart (8e) et 8, rue Danielle-Casanova (2e), Vidéoclub de Passy, 20, rue Singer (16e), Télé France, 176, rue Montmartre (2e), Vidéo Export 2000, 23, boulevard Barbès (1 8.), Vidéoclub de Rueil, 130, avenue Paul-Doumer à Rueil-Malmaison, Vidéofolies, 9, avenue de la République à Maisons-Alfort, Vidéo King, 9, place d’Armes à Toulon, Vidéo Frivole, 7, rue Paul-Louis-Lande à Bordeaux, les Vidéoclubs Sigma, 93, rue Riquet à Toulouse (et aussi Blagnac et Albi), Vidéo 9, 4, rue de la Cloche à Fontainebleau, Vidéo Médoc, 37, avenue du Général-de-Gaulle à Blanquefort, Stempfel Défi à Remiremont, Vidéo Place à Lunel, Vidéo Première à Morlaix, Music Média à La Rochelle, Télé-Flash à Livry-Gargan et Librairie Presse Robinson à Mulhouse.

Ticket vidéo

Ticket vidéo se veut être une sorte de carte bleue pour les vidéophiles. C’est également une société dont les représentants vont démarcher auprès des 28 000 comités d’entreprises ayant plus de 200 employés ainsi que les mairies les diverses administrations etc.Les comités d’entreprises intéressés vont recevoir la liste des vidéoclubs affiliés et les employés bénéficieront alors de nombreux avantages auprès de ces derniers. Toutes les sociétés intéressées par cette initiative peuvent s’adresser à Ticket vidéo, 181, avenue Victor-Hugo, 75016 Paris. Tél. : 727.95.41.

Distributeur de K7

Distributeur de K7Une jeune société, International Automat System, vient de mettre en service à Grenoble l’Euro-Vidéo Card. Il s’agit d’un distributeur automatique de cassettes mis au point après deux ans de recherche. Cette machine est dotée de nombreux avantages fonctionnement en libre service 24 heures sur 24 grâce à une carte magnétique et un code secret, contrôle systématique des cassettes en retour, gestion intégrée en temps réel de 650 clients et d’au moins 850 cassettes. IAS, 10, rue des Peupliers, 38100 Grenoble. Tél. : (76) 40.39.49.