Lord Jim

Lord JimRichard Brooks est le cinéaste américain contemporain le plus humaniste, prêt à défendre la liberté et la dignité de l’individu dans des films comme « Graine de violence «Bas les masques», «Elmer Gantry le charlatan». Etc. C’est un grand cinéaste un homme de l’image, mais surtout de l’émotion ! Son «Lord Jim» — bien qu’un peu long — est un beau film, et même un grand film I Le roman de Joseph Conrad, avec son thème de la seconde chance offerte à un homme pour se racheter, ne pouvait que séduire Brooks. Lord Jim a, en effet, jadis abandonné un navire au bord di naufrage avec une cale pleine de 800 pèlerins musulmans se rendant à La Mecque. Le bateau n’a pas coulé et a été ramené au port. Depuis Jim porte sur ses épaules ce blâme et ce sentiment de culpabilité dus à un moment de panique. Quelques années plus tard, Jim est chargé de convoyer des armes destinées à une population indigène écrasée par un odieux et cruel dictateur blanc. La cause est belle et Jim prend la tête de la révolte, redécouvre la fierté de soi, le sens de l’honneur et l’amour… Tout en étant d’abord un film d’aventures spectaculaires et exotiques, «Lord Jim» est aussi la peinture subtile d’un destin d’homme. Et il est drôle que Richard Brooks ait confié le personnage de Lord Jim à Peter O’Toole. Encore jeune, séduisant, le comédien était tout auréolé de la gloire d’un rôle très similaire : celui de «Lawrence d’Arabie». Il y a, entre les deux personnages, le même genre de mysticisme, la même lumière intérieure qui brûle l’âme en forçant à se dépasser. «Lord Jim» est aussi cette rencontre entre une star et un personnage.

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