Petite balade à Deauville

Il flotte toujours un parfum étrange entre les planches et le casino, entre le Normandy et le Royal (accueil et service impeccables) au moment divin du thé ou de l’apéritif.
Deauville
Deauville fait appel à son histoire. Les bars des grands hôtels sont investis de personnages d’un autre monde, ceux.qui ont fait de Deauville l’endroit le plus branché.., du début du siècle. Une baronne en villégiature pour trois mois menace de ne plus être aussi généreuse qu’elle l’a été depuis plus de quarante ans en sirotant un grand verre de bière. Sa sœur, ex-championne de ball-trap, la rejoint après avoir astiqué le fusil qui dort près d’elle dans sa chambre et qui effraie tous les serveurs. Marguerite de France, autre femme du monde, accapare la moindre oreille attentive pour un long monologue où se bousculent sa carrière de «Plus grande chanteuse du monde», l’histoire de sa fille qui à trois ans jouait du piano bien mieux que Mozart, etc. Dans cet univers «naphtaliné», on en oublierait presque que nous sommes en 1990 et que se déroule le 16e Festival du cinéma américain. C’est d’ailleurs dans les effluves d’un parfum de souvenir que débute cette manifestation avec la présence d’une des plus bel- les femmes du monde, la mythique Jane Russell. L’hommage qui lui est rendu («Macao», «Les implacables», «L’ardente gitane», «Les hommes préfèrent les blondes» et «Le banni») a, pour une bonne part, la vidéo en point de mire puisque le lancement de la collection Hollywood Memories, d’Antarès (voir l’article dans le numéro de septembre) se fait avec «Le banni». La vidéo est aussi présente à Deauville par l’intermédiaire de CIC Vidéo qui organise un déjeuner très convivial pour annoncer ses programmes de fin d’année, et surtout le lancement en grande pompe de « E.T.» et des «Blues Brothers» à la vente, ainsi que l’arrivée prochaine d’une trentaine de titres en vidéodisque.

Deauville

On profite également de la présence de nombre de ses annonceurs pour fêter cette rentrée à La ferme St Siméon, lieu de haute gastronomie s’il en est. Mais revenons à nos moutons ou, plus exactement, à la sélection du festival, riche et variée. Point de grands monuments à se mettre sous la rétine, mais de bons films dans des genres très différents. On retiendra «Bad influence», de Curtis Hanson, film prenant, fort bien interprété par Rob Lowe et James Spader; «A shock to the system» pour la prestation de Michael Caine; «Cadence», de et avec Martin Sheen et Charlie Sheen, film touchant mais un peu mélo sur les problèmes de discipline dans l’armée; «The freshman » ou les premiers pas dans la Mafia de Mathew Broderick face à l’exceptionnel Marlon Brando; «Ghost», une histoire de fantômes bien menée par Jerry Zucker, avec un splendide numéro de Whoopi Goldberg et la craquante Demi Moore; «Présumé innocent», film-procès avec le toujours remarquable Harrison Ford; «Pump up the volume», beau film surprise mis en images par Allan Moyle; le très très efficace «Total recall», de Paul Verhoeven avec Arnold Schwarzenegger, et enfin le très joli film de John Boorman, «Tout pour réussir», avec les séduisantes Uma Thurman et Suzy Amis. Cette présentation trop rapide appelle bien sûr des chroniques développées que vous trouvez déjà et que vous trouverez dans notre rubrique cinéma au fur et à mesure des sorties. Si ce sont surtout les stars masculines qui ont occupé la salle de conférence de presse (Sidney Lumet, Roben Duvall, John Boorman, Richard Chamberlain, Jon Voight et Matthew Broderick), ce sont les femmes qui ont marqué de leur empreinte cette 16e édition.

Jane RussellSi Jane Russell a fait passer un frisson de nostalgie, Goldie Hawn a séduit tout son monde (malgré le niveau plus que moyen de «Comme un oiseau sur la branche» avec Mel Gibson), mais surtout les festivaliers ont découvert une des futures stars des années 90, la charmeuse et charmante Julia Roberts. A travers l’intéressant «Flatliners», de Joel Schumacher, et l’excellent « Pretty vvoman», de Garry Marshall avec Richard Gere, La Roberts révèle un très grand talent d’actrice • et un charme de haute volée. Nous serons les premiers à lui ouvrir nos colonnes dès qu’elle le désirera. De quoi finir en beauté un festival de bonne tenue.

Leave a Reply